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Griveaux justifie la loi fake news en évoquant 'des tombereaux d'injures' sponsorisés sur Internet

Dans une interview accordée à France inter, le porte-parole du gouvernement a défendu le texte voulu par Emmanuel Macron et porté à l'Assemblée par LREM. Pour Benjamin Griveaux, cette loi représente «un meilleur moyen d'exercer la démocratie.»

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a balayé le 7 juin les critiques des deux propositions de loi visant à lutter contre «la manipulation de l'information» en période électorale, estimant que les mesures prévues permettront de «mieux exercer la démocratie».

Sur France Inter, Benjamin Griveaux a notamment pris pour exemple la dernière campagne présidentielle, au cours de laquelle, selon lui, des contenus ont été «sponsorisés par internet, avec des gens, donc, qui payaient», alors que les candidats à une élection présidentielle «n'ont pas le droit de sponsoriser des contenus sur internet».

    On peut avoir des Etats étrangers, des groupes terroristes, des milliardaires excentriques, qui paient des contenus pour déverser des tombereaux d'injures

«Donc on peut avoir des Etats étrangers, des groupes terroristes, des milliardaires excentriques, qui paient des contenus, les sponsorisent, pour déverser des tombereaux d'injures sur des candidats, quels qu'ils soient», a-t-il développé, estimant : «Il est normal qu'on puisse avoir l'intervention d'un juge.»

Les textes présentés devant l'Assemblée nationale concernent la «période électorale, ce sont les quelques semaines qui précèdent le vote, ça n'assassine en rien la démocratie, c'est au contraire à mon avis, aussi, un meilleur moyen d'exercer la démocratie», a-t-il conclu.
Un texte voulu par Macron mais décrié par les journalistes et l'opposition

Les députés discutent le 7 juin de deux textes controversés destinés à lutter contre «la manipulation de l'information» en période électorale, voulus par Emmanuel Macron qui avait été visé par des rumeurs pendant la campagne présidentielle.

Ces deux propositions de loi du groupe LREM visent notamment à permettre à un candidat ou à un parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de «fausses informations» durant les trois mois précédant celui d'un scrutin national.

    On met le pas vers quelque chose qui pourrait conduire à de la censure

Mais des syndicats de journalistes comme le SNJ considèrent ce texte comme «inefficace et potentiellement dangereux car on met le pas vers quelque chose qui pourrait conduire à de la censure».

Le patron des députés Les Républicains Christian Jacob craint une «police de la pensée», Marine Le Pen (FN) dénonce un texte «liberticide», tandis qu'à gauche, Boris Vallaud (PS) dénonce une «loi de circonstances» et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) une «grossière tentative de contrôle de l'information».

Le rapporteur d'un texte et avocate, Naïma Moutchou (LREM), a rejeté ces critiques, soulignant sur Europe 1 qu'ont été «introduits dans le dispositif des éléments qui permettent de protéger la liberté d'expression».


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