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Dans la rue le 9 octobre. 'il faut démontrer aux salariés que la solution est collective '

Salaires, retraites, services publics, éducation… l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FIDL, Unef et UNL a mis en place une plateforme rassemblant une série de revendications communes. Une action qui s’accompagne d’un travail de proximité auprès des salariés. Pour « sortir du repli sur soi » et passer à l’action, ensemble.

La journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle du 9 octobre connaîtra-t-elle une participation accrue des salariés ? La dernière en date, le 28 juin, avait symboliquement marqué le retour de Force ouvrière dans la mobilisation mais n’avait pas drainé les foules. La CGT n’avait pas communiqué de nombre de participants aux « 130 initiatives » organisées sur le territoire, mais celui-ci était nettement inférieur aux 300 000 manifestants annoncés lors de la précédente mobilisation, le 19 avril.

Cette fois-ci, l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FIDL, Unef et UNL entend faire du 9 octobre, selon le secrétaire national de Solidaires, Simon Duteil, « une journée d’impulsion ». « Il s’agit d’engager la mobilisation dans un cercle vertueux en termes de participation », précise le syndicaliste. Le contexte y est plus favorable qu’avant l’été. Entre une cote de popularité en berne, l’affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot et les divisions apparues entre les députés LaREM à la faveur de l’élection de Richard Ferrand au perchoir et de son remplacement à la tête du groupe, Emmanuel Macron offre en cette rentrée une image affaiblie qui tranche avec la baraka affichée précédemment. « Le chômage ne baisse pas, la précarité explose et le pouvoir d’achat recule. Du coup il ne se trouve plus grand monde pour nourrir des illusions sur ce gouvernement », analyse aussi le secrétaire confédéral de la CGT, Pascal Debay. Mais, « attention, cela ne se traduira pas automatiquement par une hausse de la mobilisation », prévient le syndicaliste. « Beaucoup de salariés sont encore tentés par le repli sur soi. Ils cherchent une solution individuelle à leurs problèmes. Nous devons leur démontrer que la solution est collective », poursuit-il.

Sept revendications
Pour y parvenir, l’intersyndicale a élaboré une plateforme revendicative unitaire et interprofessionnelle : « Augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux (…), réalisation concrète de l’égalité hommes-femmes (…), un service public de proximité (…), l’arrêt des réformes régressives (…), le droit à la retraite à taux plein à 60 ans (…), l’égalité d’accès à l’éducation (…), une vraie politique d’investissements ciblée notamment sur les enjeux environnementaux. » Ces sept revendications visent à faire la démonstration que l’intersyndicale ne se complaît pas dans une posture « purement protestataire », comme le prétend la CFDT, mais fait également des propositions. « Il s’agit aussi de faire la démonstration que, quels que soient leur métier, leur statut ou leur secteur d’activité, les salariés sont confrontés aux mêmes problèmes et ont donc intérêt à se mobiliser ensemble », explique Pascal Debay. « C’est une façon de travailler à la fameuse convergence des luttes », confirme Simon Duteil.

Pour mettre toutes les chances de leur côté, les organisateurs du 9 octobre entendent jouer la carte de la proximité avec les salariés. À la SNCF, la CGT, qui poursuit la lutte contre la réforme ferroviaire, a déposé un préavis de grève. « Nous sommes en train de réactualiser, avec les cheminots, les cahiers revendicatifs afin de contrer les restructurations locales (suppressions de postes, fermetures de guichets…) lancées par la direction », explique le secrétaire général adjoint de la CGT cheminots, Thierry Nier. Dans les industries électriques et gazières, la CGT énergie s’est engagée dans une démarche similaire pour relancer la forte mobilisation sur les conditions de travail qu’ont connue en juin dernier GRDF et Enedis, les filiales de distribution d’Engie et d’EDF. « Nous remettons aussi en avant la revendication d’une revalorisation du salaire national de base », précise le secrétaire général de la CGT énergie, Sébastien Menesplier. Dans de nombreux départements, « l’intersyndicale a décidé de déployer une activité au plus près des entreprises », assure Pascal Debay. Dans la Nièvre, par exemple, les unions départementales CGT, FO et Solidaires ont adressé un courrier commun à l’ensemble de leurs syndicats. « Nous les invitions à se constituer en intersyndicale dans les entreprises, à s’adresser ensemble aux salariés et à élaborer avec eux des cahiers revendicatifs », explique Loïc Berthon, de l’UD CGT. En Haute-Savoie, où elle a reçu le renfort de la FSU, « l’intersyndicale départementale a ciblé prioritairement 50 entreprises ou services publics où elle ira à la rencontre des salariés », rapporte Pierre Solvas, de l’UD CGT.

Et aussi enseignants, étudiants, retraités...
S’il est encore trop tôt, en cette fin septembre, pour se risquer à des pronostics sur la participation à la journée du 9 octobre, les syndicalistes relèvent des premiers signes encourageants, comme une participation accrue aux assemblées générales de rentrée. Ainsi, selon Loïc Berthon, dans la Nièvre, « avec 35 représentés sur 50, la participation des syndicats à l’assemblée départementale le 6 septembre était nettement supérieure à celle de l’an passé ». En Haute-Savoie, Pierre Solvas pointe le fait « plutôt positif » que des unions locales, comme celle de Thonon-les-Bains, décident d’organiser une manifestation locale le 9 octobre plutôt que de se déplacer jusqu’à Annecy. « Cela veut dire que la mobilisation devrait être au rendez-vous », juge-t-il.

Dans l’enseignement supérieur, où la rentrée s’étale jusqu’en octobre, « il est aussi trop tôt pour savoir si les étudiants seront au rendez-vous du 9 octobre mais nous y travaillons », explique la présidente de l’Unef, Lilâ Le Bas. À l’initiative du syndicat pour « élargir l’appel », devait se tenir d’ici au 28 septembre une réunion des organisations de jeunesse. L’Unef entend mobiliser contre Parcoursup et venir en aide « aux nombreux bacheliers qui n’ont pas de place ou se sont vu proposer une place qui ne leur convient pas ». Selon certaines estimations, ceux-ci pourraient être au nombre de 46 000. « Nous revendiquons aussi une réforme de l’aide sociale. 70 % des étudiants n’y ont pas accès, et, avec au maximum 555 euros, le niveau des bourses est nettement insuffisant », ajoute Lilâ Le Bas.

Le 9 octobre, les retraités seront aussi dans la rue, à l’appel de neuf organisations dont la CGT, FO, la CFE-CGC ou encore la CFTC. Déjà mobilisés contre la hausse de 1,7 point de la CSG sur les pensions, ils sont aussi confrontés à la décision du gouvernement de limiter à seulement 0,30 % la revalorisation des pensions en 2019 et 2020 alors que l’inflation sur les douze derniers mois atteint 2,3 %. Le gouvernement, qui vient d’annoncer « un geste » en direction de 100 000 retraités pour amortir l’effet de la hausse de la CSG, semble craindre qu’ils ne soient nombreux à manifester.

Jeudi, 27 Septembre, 2018


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