Grève scolaire pour le climat : rendez-vous national le 15 mars
 


Grève scolaire pour le climat : rendez-vous national le 15 mars

À Paris, à Lyon, à Bordeaux mais aussi à Nantes et ailleurs, la jeunesse annonce sa mobilisation pour la grève scolaire du 15 mars.

En écho à l’action initiée par la jeune militante suédoise Greta Thunberg, une grève scolaire nationale aura lieu vendredi 15 mars pour crier à l’urgence climatique. Ateliers, marches, débats… à chaque ville, chaque établissement sa formule. Le point commun sera d’être mobilisé ensemble, au même moment, pour faire entendre la voix d’une jeunesse déterminée. « Les jeunes bénéficient d’un capital symbolique. Ce sont les seuls à pouvoir dire : dans 30 ans vous serez morts, mais pas nous. Ce sont donc les plus légitimes à s’exprimer », estime Romaric Thurel, de l’équipe de coordination nationale Youth for climate France. Pour cet éclaireur unioniste, comme pour de nombreux autres scouts, il était naturel d’étendre son engagement à la journée du 15 mars et à la marche pour le climat qui suivra le 16.

Citoyens à part entière

Appelée « La marche du siècle », elle est ouverte à tous et déjà instaurée de manière régulière dans plusieurs villes, comme à Lyon. « Par notre positionnement dans la vie citoyenne, nous savons qu’il y a un désir d’action des Lyonnais dans leur ensemble et en particulier des jeunes pour préserver le climat, la biodiversité et construire une société dans laquelle nous aurons envie de vivre. Quand notre pépinière a démarré il y a cinq ans, nous recevions une demande chaque semaine. Aujourd’hui, c’est entre six et huit. Nous voyons clairement croître la dynamique », observe Martin Durigneux, président d’Anciela dont la vocation consiste, entre publications et rencontres d’initiatives, à accompagner les porteurs de projets écologiques.

Pas étonnant que Youth for climate Lyon revendique 3 000 personnes intéressées sur sa page Facebook dédiée à la journée du 15, dont 1 000 annoncent leur participation à la grève, tandis qu’ils sont quelque 1 200 abonnés sur Instagram. « Il y aura surtout des collégiens et des lycéens », affirme Émilie Givert, coorganisatrice de la grève et de la manifestation du 15 mars à Lyon pour Youth for climate. Bordeaux ne fait pas pâle figure avec plus de 1 000 personnes intéressées sur Facebook, dont la moitié devrait participer, et plus de 1 000 abonnés sur Instagram.

Inciter les élèves et les étudiants à une grève scolaire d’une telle ampleur, est-ce bien raisonnable ? « Certes, les lycéens ne votent pas tous mais ce sont des citoyens à part entière et ils sont légitimes pour s’exprimer », lance Lucille Potdevin, directrice de l’association lyonnaise Conscience & Impact écologique. « Les participants manqueront potentiellement huit heures de cours mais ils vivront des moments fondateurs », souligne Martin Durigneux. Et de rappeler que les chevilles ouvrières de ce genre de mouvements ne rêvent pas de sécher les cours mais sont des personnes investies dans leur scolarité, leur avenir, et c’est précisément pour cette raison qu’elles s’engagent.

Lucidité désabusée

« Nous ne sommes pas écoutés, c’est pour cela qu’il ne reste que la désobéissance civile. Nous faisons grève pour communiquer un message fort : il ne sert à rien de préparer notre avenir si nous n’avons pas d’avenir », déclare Marin Bisson. Porte-parole pour la grève scolaire du 15 mars à Lyon, il explique comment tout a été mis en œuvre pour relier cette journée à la marche du 16 mars, afin de donner une cohérence et une force supplémentaire à la mobilisation. Pour Emma Chaland, éclaireuse unioniste et partie prenante de l’organisation de la journée du 15 mars à Bordeaux, « la grève est un bon moyen de montrer que nous sommes prêts à agir pour la cause que nous défendons ».

Toute cette énergie positive cache toutefois une lucidité désabusée. Selon Maxime Forest, membre d’Alternatiba et, à ce titre, de la Coalition climat Rhône, la véritable question est : quelle sera la réaction des pouvoirs publics ? « Nous avons travaillé avec la métropole de Lyon et formulé plusieurs propositions, comme une journée mensuelle sans voiture par exemple, mais la métropole s’est seulement engagée à sensibiliser les citoyens et à communiquer pour qu’ils changent leurs pratiques. Or ils sont déjà sensibilisés, il faut désormais des changements structurels ! »

Toucher les parents

Si la grève était reconduite, ses répercussions n’en seraient que plus grandes. Toutefois, il faut réfléchir à la manière de le faire. « L’écologie est un enjeu majeur mais nous nous adressons à des mineurs pour qui l’école est obligatoire, sans compter que ceux qui ont le bac ou le brevet à la fin de l’année ne peuvent pas tout mettre en péril », souligne Émilie Givert. Et de citer l’exemple de Paris, où se retrouvent tous les vendredis ceux qui n’ont pas cours. La jeune femme est bien consciente que, pour que le mouvement continue, il faut aussi toucher parents et professeurs.

De l’avis général, ces derniers sont globalement bien disposés, voire soutiennent leurs élèves. Quelques médecins ont également rejoint la jeunesse lyonnaise et iront marcher à ses côtés vendredi après-midi, pour une manifestation résolument non-violente. « Ce n’est qu’un premier pas dans ce printemps climatique et social. Il y aura ensuite le 24 mai, qui sera un rendez-vous international avec une cinquantaine de pays mobilisés », rappelle Romaric Thurel. Cette ligne d’horizon pourrait bien les faire tenir…


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