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Reims : deux personnes condamnées à 18 mois de prison ferme, 48h après la manifestation des gilets jaunes

 
Deux hommes de 30 et 31 ans ont été condamnés, ce lundi à Reims, à 18 mois de prison ferme, au delà des réquisitions. Ils ont été reconnus coupables d'avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, samedi, pendant la manifestation des gilets jaunes.
 
Dans les deux cas, le tribunal a été plus sévère que le procureur de la République. Alors que le parquet avait réclamé 12 et 13 mois de prison ferme contre les deux hommes, jugés en comparution immédiate, le tribunal les a condamnés tous les deux à 18 mois ferme, avec mandat de dépôt, et donc, incarcération immédiate à la sortie de l'audience. 
 
Les profils de ces deux Marnais, âgés de 30 et 31 ans sont similaires. Tous les deux comptent une dizaine de mentions à leur casier judiciaire, pour des violences, des outrages, ou encore de la consommation d'alcool et de stupéfiants. 
 
Le premier à passer à la barre, est là pour avoir jeté des pavés sur les forces de l'ordre, rue Voltaire, là où, vers 15 heures samedi, la manifestation a commencé à se tendre. Lui dit ne rien avoir lancé du tout, avoir suivi la manifestation des gilets jaunes, faute d'avoir pu prendre son bus. Ses explications ne sont pas claires, il ne se rappelle pas de grand chose, ce qui n'est pas sans rapport avec son alcoolémie, puisqu'il a été contrôlé à plus de 2 grammes d'alcool par litre de sang. Les policiers retrouveront d'ailleurs une bouteille de whisky dans son sac, avec également des lunettes de protection, et des foulards, qu'il explique avoir pour son métier dans l'isolation. 
 
L'un a 2g/l de sang, l'autre traite les policiers de "fils de chiens"
Rue Voltaire, un commissaire est touché au genou par un jet de pavé. Cinq policiers reconnaissent le prévenu, ce qui est tout de même impossible à confirmer par la vidéosurveillance. Lui dit qu'avec un verre dans la main, et dans son état, il ne pouvait rien lancer. Le tribunal l'a tout de même envoyé en prison et condamné à verser 1.000 euros au policier, au titre du préjudice moral. 
 
Quelques minutes plus tard, c'est un homme qui vient de fêter ses 31 ans qui comparait. Ses souvenirs à lui sont plus clairs. Il dit avoir joué un rôle de médiateur, protégeant un pompier, agressé devant la cathédrale, puis un patron de bar, rue de Talleyrand. C'est là que les policiers l'interpellent, lui reprochant de leur avoir relancé des grenades lacrymogènes, qu'ils venaient d'envoyer sur les manifestants. Lui reconnait les avoir repoussées du pied, en direction des forces de l'ordre, mais parce qu'il était "désorienté" et "asphyxié" par les fumées, et blessé, dit-il en exhibant un énorme hématome sur le biceps. 
 
Ce qui ne joue pas en sa faveur, c'est son casier judiciaire, mais surtout ses propos en garde à vue, où il traite les policiers de "fils de chiens". À la barre, en verve, il justifie tout, provoque l'irritation du procureur et de la présidente. Avant de se prendre la tête entre les mains, puis de tendre ses mains machinalement, pour être menotté, à l'énoncé du jugement.
 
Des "exemples" disent les avocates
Dans les deux cas, les avocates de prévenus déplorent une justice qui a voulu faire des exemples, en ne s'appuyant que sur des témoignages de policiers, et non des images claires, pour condamner leurs clients. "Il était au mauvais endroit au mauvais moment", dit l'une des avocates, soulignant qu'il y avait une centaine de black blocks dans les rues de Reims, et que personne n'est jugé pour des dégradations de commerce. _"Les violences perpétrées samedi sont incontestables.En l’occurrence, concernant mes clients, les peines sont excessives, on veut très certainement faire des exemple_s, analyse Marine Nimal, l'avocate de deux des quatre prévenus. C'est toujours la problématique de ce genre de manifestations où il y a énormément de monde. Ils étaient certainement au mauvais endroit au mauvais moment, et dans un contexte sensible".
 
Par Sylvie Bassal, Thomas Coignac, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu
 


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