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La jeunesse du monde de nouveau en grève pour le climat

La seconde journée d’action internationale des étudiants et lycéens devrait toucher près de 1 800 villes dans 90 pays. En France, sur fond d’élections européennes, le mouvement climat dans son ensemble cherche la voie qui le mènera à la victoire.

Ni ne faiblit, ni ne démord : le mouvement engagé en septembre pour exiger des politiques à la hauteur de l’urgence climatique joue un nouvel acte ce vendredi, jour de grève scolaire internationale. Seconde du genre, elle devrait, à l’instar de la première organisée en mars, rencontrer de l’écho aux quatre coins du globe.

Des actions sont annoncées dans près de 1 800 villes, couvrant 90 pays. À la veille d’un scrutin déterminant pour la question écologique (lire notre événement), ceux d’Europe promettent d’interpeller les candidats au Parlement. D’interpeller, aussi, leurs semblables, alors que le taux d’abstention s’annonce d’ores et déjà élevé dans la jeunesse.

Côté français, Youth for Climate, organisation mûrie pendant l’hiver, estime à 130 le nombre de rendez-vous prévus. « Nous, les jeunes, sommes tétanisés et révoltés de voir notre futur condamné par l’inaction des gouvernements », vitupère, à l’heure de présenter la journée, Kristóf Almásy, l’un de ses porte-parole. « Tétanisés mais en aucun cas résignés, et nous ne sommes pas les seuls dans ce cas », précise le lycéen, insistant sur l’autre fait marquant du jour : au-delà même des scolaires, les acteurs traditionnels du « mouvement climat » ne seront pas seuls dans l’action.
En lutte depuis l’automne

CGT, FSU, Solidaire, Unef ou encore UNL… quatre-vingts organisations associatives et syndicales ont répondu à cet appel à la grève générale pour lutter contre le réchauffement. Inédit, l’écho ne s’en inscrit pas moins dans la lignée d’une mobilisation qui, depuis cet automne, s’empare de tous les leviers à sa portée pour cheminer jusqu’à la victoire.

De la première marche nationale, en septembre, organisée dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, à la grève de ce jour, le mouvement n’a pas raté une occasion de varier les modes d’action, ni de les élargir. Le 8 décembre, à Paris, la troisième grande manifestation climat rejoignait celle des gilets jaunes – dans ses slogans, du moins, les forces de l’ordre bloquant toute velléité à le faire sur le pavé – pour défendre les principes de justice environnementale et sociale. En janvier, quatre grandes ONG (1) annonçaient poursuivre en justice l’État français pour inaction face au réchauffement, illico soutenues par plus de 2 millions de personnes.

En février, les premiers lycéens rejoignaient l’appel Friday for Future, et les centaines de milliers de jeunes d’Europe en grève chaque vendredi. Le 15 mars, la première grève mondiale rencontrait le même succès. Durant toute cette séquence, les actions de désobéissance civile se sont multipliées. Ceux qui, depuis février, s’attellent à décrocher les portraits d’Emmanuel Macron des mairies en cumulent déjà près de quarante. Fin avril, 2 000 activistes de Greenpeace, des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 se payaient, quant à eux, le luxe de bloquer pendant toute une journée, sur le parvis de la Défense, les bâtiments d’EDF, de Total, de la Société générale et du ministère de l’Écologie.

Quelques points ont été marqués. Mondialement, plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande, ont décrété « l’état d’urgence climatique ». Encore symbolique – pour ne pas dire démagogique, quand aucun passage à l’acte politique n’a suivi–, la déclaration dénote l’obligation désormais ressentie par les gouvernements de s’emparer du sujet. Même progrès constaté concernant la couverture médiatique que rencontre la cause climat, devenue thématique politique incontournable. En témoigne la campagne électorale qui s’achève, là encore, avec plus ou moins de bonne foi.

Reste que tout cela s’avère insuffisant, soulignent les acteurs du mouvement climat, toujours en quête de nouvelles pistes pour réussir à imposer le changement. La mondialisation du mouvement en est une, de même que la multiplication des alliances jusque-là inusitées. « Celle engagée avec les syndicats sur les questions sociales peut permettre de construire un mouvement plus fort », relève Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. Dans la même veine, « la bataille des gilets jaunes a permis de mettre au centre l’enjeu d’une transition juste », insiste Pauline Boyer, d’ANV-COP21. « Cela faisait des années que l’on en parlait, sans réussir à être entendus sur le sujet. » C’est fait.
(1) Greenpeace, Oxfam, la Fondation Nicolas-Hulot et Notre affaire à tous.

Marie-Noëlle Bertrand


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