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Hôpitaux en grève : 70 millions d'euros vont être débloqués d'urgence

Après la réunion d'Agnès Buzyn avec les personnels hospitaliers, le ministère de la Santé a annoncé le déblocage de 70 millions d'euros pour soulager les soignants et les services d'urgence des hôpitaux, en grève depuis trois mois.

Le ministère de la Santé, à l'issue d'une réunion avec les représentants du secteur, a annoncé que le gouvernement allait débloquer 70 millions d'euros de mesures immédiates pour tenter d'apaiser les personnels des services d'urgences mobilisés depuis trois mois.

Une large part de ce montant (55 millions) sera consacrée à la généralisation et à la revalorisation d'une prime «de risque de 118 euros bruts (100 euros nets mensuels)», versée dès juillet «à tous les professionnels des services d'urgence (hors médecins)», soit 30 000 personnes.
Visite surprise aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine

Après trois mois de grève dans les services d’urgence et de manifestations, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a cédé à la pression des soignants, qui sollicitaient un entretien, et reçu ce 14 juin à 10h dans son ministère une cinquantaine de médecins, infirmiers et directeurs hospitaliers, dont de nombreux membres des cinq principaux syndicats des hôpitaux publics.

Elle s'était entourée du député LREM Thomas Mesnier, urgentiste de formation, et de Pierre Carli, président du Conseil national de l'urgence hospitalière et chef du Samu de Paris. Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, assistait aussi à cette réunion, ainsi que deux membres du collectif Inter-Urgences. Cette réunion a inauguré le lancement de la «mission nationale» souhaitée par la ministre, qui devrait permettre de définir des mesures de long terme pour l'hôpital public. Agnès Buzyn a abordé la question des primes pour les urgentistes, des travaux à réaliser dans certains hôpitaux, et bien entendu les revendications entendues lors de toutes les manifestations et grèves : l'augmentation des effectifs et du nombre de lits d'aval.

La ministre avait au préalable rencontré les urgentistes de l'hôpital Saint-Antoine à Paris, berceau du mouvement de grève nationale, durant moins d'une demi-heure. La ministre a surgi à l'improviste dans la nuit du 12 au 13 juin, sans caméras. Théo, infirmier aux urgences interrogé par Brut, a rapporté le contenu de l'échange avec la ministre. «On lui a dit qu'on est fatigués, qu'on n'en peut plus, les équipes sont à bout, en flux tendu», a-t-il commenté. Il a déploré le «manque de lit dans l'hôpital, la surpopulation des urgences». «Les services ne sont pas extensibles, les locaux sont bondés, les équipes sont tendues parce que nous sommes en sous-effectifs avec des patients toujours compliqués à prendre en charge», a-t-il ajouté.

Dès le lendemain, Agnès Buzyn avait dit entendre «cet épuisement» et souhaiter qu'ils cherchent «ensemble des solutions pour améliorer le fonctionnement des urgences». Sincérité ou volonté de se racheter ? A l'époque de l'arrêt de travail du service collectif du service de l'hôpital Lariboisière à Paris, la ministre avait reproché aux soignants de «dévoyer leur arrêt maladie».


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