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Promotion de l'IVG : deux infirmières allemandes condamnées en vertu d'une loi datant du nazisme

En vertu d'une loi dont l'origine remonte à l'époque nazie, la promotion de l'avortement est interdite en Allemagne. Deux infirmières ont été condamnées pour avoir expliqué que l'IVG qu'elles pratiquaient avait lieu dans «une atmosphère sécurisée».

Deux gynécologues allemandes ont été condamnées le 14 juin à une amende pour «publicité» de l'avortement, un sujet de controverse récurrent, malgré une récente libéralisation de l'accès à l'information sur l'IVG.

«Les médecins n'ont pas seulement dit qu'elles proposaient des IVG, mais aussi "comment" est pratiquée une IVG», a expliqué un tribunal de Berlin dans un communiqué, condamnant Bettina Gaber et Verena Weyer à 2 000 euros d'amende chacune. Selon la juge Christine Mathiak, les médecins avaient le droit de dire qu'elles proposaient des IVG mais pas d'en préciser les circonstances, en l’occurrence que l'intervention est «médicamenteuse et sans anesthésie» et que celle-ci se déroulait dans «une atmosphère sécurisée».

L'information sur l'avortement est régie en Allemagne, où les Eglises et les mentalités conservatrices jouent encore un rôle politico-sociétal important, par le paragraphe 219a du Code pénal. Cette législation fait régulièrement polémique en raison du débat qu'elle soulève sur les droits des femmes, mais aussi car sa forme initiale avait été adoptée en mai 1933 par les nazis, peu après qu'Adolf Hitler eut obtenu les pleins pouvoirs.

Une réforme votée en février 2019, après une longue bataille entre les conservateurs démocrates-chrétiens d'Angela Merkel et leurs partenaires sociaux-démocrates, a assoupli l'interdiction de la «publicité», en autorisant les gynécologues à dire qu'ils proposent l'IVG. Jusqu'alors, ceci était illégal et passible de deux ans de prison.

Les médecins peuvent désormais aussi publier sur leurs sites internet des liens renvoyant vers les plannings familiaux ou autres institutions chargées d'informer les femmes sur le sujet. Mais ils n'ont pas le droit de diffuser publiquement des informations sur ces interventions médicales.

«C'est si affligeant que j'en ai l'estomac retourné», a déclaré Bettina Gaber à propos du jugement rendu. Les deux condamnées comptent contester la décision, et sont prêtes à saisir la Cour constitutionnelle, car elles considèrent que le texte va à l'encontre des libertés de profession, d'opinion et d'information.


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