La Franco-Américaine Esther Duflo, prix Nobel d’économie pour ses travaux sur la pauvreté
 


La Franco-Américaine Esther Duflo, prix Nobel d’économie pour ses travaux sur la pauvreté

Le prix d'économie de la Banque de Suède aussi appelé «Nobel de l’Economie» a été accordé pour 2019 à un trio d’économistes dont une Française de 46 ans. Il couronne des travaux de recherche sur les moyens de réduire la pauvreté dans le monde.

Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, couramment appelé «prix Nobel d'économie» a été attribué le 14 octobre à un trio de chercheurs spécialisés dans la lutte contre la pauvreté, dont la Franco-américaine Esther Duflo, deuxième femme distinguée dans la discipline et la première Française de l'histoire de ce prix.

Esther Duflo 46 ans, son mari américain d'origine indienne Abhijit Banerjee et l'Américain Michael Kremer «ont introduit une nouvelle approche (expérimentale) pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde», a expliqué Göran Hansson secrétaire général de l'Académie royale des sciences qui décerne ce prix.

L’académie explique en outre qu’au milieu des années 90, Michael Kremer, 54 ans, professeur à l'Université d'Harvard, a «démontré à quel point cette approche peut être puissante en utilisant des expériences de terrain pour tester diverses interventions susceptibles d'améliorer les résultats scolaires dans l'ouest du Kenya».

Esther Duflo s'est fait un nom en conduisant des recherches avec Abhijit Banerjee, 58 ans, qui fut son directeur de thèse, sur des communautés pauvres d'Inde et d'Afrique, pour mesurer l'impact réel de micro-politiques. Leurs méthodes de recherche expérimentale dominent désormais l'économie du développement.

L’académie royale ajoute que grâce à eux, «plus de cinq millions d'enfants en Inde ont bénéficié de programmes efficaces de soutien dans les écoles [et] de nombreux pays ont débloqué d'importantes subventions pour la médecine préventive».

Pour l’académie, «malgré de récentes et importantes améliorations l'un des défis les plus urgents de l'Humanité est la réduction de la pauvreté dans le monde, sous toutes ses formes.» Quelque 700 millions de personnes vivent encore dans l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

Quatrième Nobel d’Economie pour la France depuis 1983

Esther Duflo, professeur d'économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), est l'une des économistes les plus célébrées dans le monde, notamment aux Etats-Unis. Récipiendaire en 2010 de la médaille John Bates Clark, elle est la deuxième femme à recevoir le prix Nobel d'économie après l'Américaine Elinor Ostrom en 2009.

«Je suis très honorée. Pour être honnête, je ne pensais pas qu'il était possible de gagner le Nobel aussi jeune», a déclaré Esther Duflo première Française après ses compatriotes masculins Jean Tirole (2014), Maurice Allais (1988) et Gérard Debreu (1983).

Seule femme honorée de l'édition Nobel 2019, ses travaux lui avaient valu dès 2013 d'être choisie par la Maison Blanche pour conseiller le président Barack Obama sur les questions de développement, en siégeant au sein du nouveau Comité pour le développement mondial.

Interrogée en anglais lundi sur ce qu'elle ferait de la somme de neuf millions de couronnes suédoises (environ 830 000 euros) à partager entre les lauréats, la Franco-américaine a répondu : «A l'âge de 8 ou 9 ans, j'ai lu une biographie de Marie Curie, et quand elle a eu son premier prix Nobel elle a acheté un gramme de radium […] j'imagine que nous allons discuter tous les trois pour savoir ce que sera notre gramme de radium.»

Emmanuel Macron a salué sur Twitter le «magnifique Prix Nobel [qui] rappelle que les économistes français sont actuellement au meilleur niveau mondial et montre que les recherches dans ce domaine peuvent avoir un impact concret sur le bien-être de l'humanité».

Ecran de brouillard derrière Peter Handke

Après une édition 2018 hors norme du fait du report du prix de littérature, la saison Nobel 2019 n'aura guère soulevé de passions ni suscité de polémiques en dehors de la consécration de l'écrivain autrichien Peter Handke.

Comme attendu par la critique, le prix de littérature 2018 reporté d'un an après un scandale d'agressions sexuelles en plein mouvement #MeToo est revenu à une femme, la Polonaise Olga Tokarczuk. Quant au plus prestigieux des Nobel, le prix de la paix annoncé à Oslo, il est allé au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan d'une réconciliation spectaculaire avec l'ex-frère ennemi érythréen.

Les prix sont remis à leurs récipiendaires lors de cérémonies à Stockholm et Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de leur créateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896). Dans un testament rédigé un an avant sa mort, l'inventeur de la dynamite avait souhaité voir récompensés «ceux qui au cours de l'année écoulée auront rendu à l'humanité les plus grands services».


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