Affaire Griveaux : des politiques réclament à nouveau la fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux
 


Affaire Griveaux : des politiques réclament à nouveau la fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux

Après la diffusion de vidéos privées de l'ex-candidat LREM à la mairie de Paris, des politiques ont fait part de leur volonté de mettre fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux. Et ce, bien que cet acte délictueux ait été revendiqué par un activiste.

Victime d'une diffusion de vidéos intimes à caractère sexuel, le candidat LREM à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, a renoncé à être candidat aux prochaines élections municipales en mars 2020.

Alors que son avocat Richard Malka a promis des suites judiciaires à cette affaire, les personnalités politiques ont unanimement condamné de tels agissements, et apporté leur soutien à Benjamin Griveaux.

Mais des voix se sont également élevées pour réclamer la fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux... même si les vidéos privées de l'ex-candidat à la mairie de Paris ont été diffusées sur un site internet – depuis supprimé – et revendiquées par l'activiste russe controversé Piotr Pavlenski.

Parmi les comptes Twitter les plus influents ayant relayé illégalement le lien vers le site internet hébergeant les vidéos de Benjamin Griveaux, on trouve deux personnalités loin d'être anonymes : le chirurgien Laurent Alexandre (74 000 abonnés) et le député Joachim Son-Forget (61 000 abonnés), ancien membre de La République en marche (LREM).

Le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), a été l'un des premiers à appeler à une «régulation» des réseaux sociaux. «Il est grand temps de réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux. La liberté d’expression doit s’arrêter aux frontières de la vie privée que chaque citoyen est en droit d’exiger», a-t-il écrit dans un Tweet ce 14 février.

Le député LREM du Rhône, Bruno Bonnell, prône lui une «obligation de transparence» sur les réseaux sociaux. «Internet, comme les plus grandes inventions de progrès, porte ses déviances que l’anonymat cautionne comme la calomnie ou la diffamation. Faisons de la France le pays de l’exigence et l’obligation de transparence des sources et sanctionnons les abus», a-t-il tweeté. Il commentait les propos de l'éditorialiste Alain Duhamel pour qui «l'anonymat» fait «ressortir mécaniquement ce qu'il y a de pire chez chacun».

Le député LR de Paris, Claude Goasguen, demande lui aussi davantage de contrôle. «Nous sommes à l'orée d'une situation que l'on ne domine pas, qu'il va falloir dominer», a-t-il notamment analysé ce 14 février sur LCP.

Au-delà des personnalités politiques, la Licra estime que «l'affaire Griveaux montre combien la régulation des réseaux sociaux est un impératif de survie démocratique». L'association appelle les parlementaires à «fermer ce robinet de boue».

Un «droit à l'anonymat» ?

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont réagi à cette proposition. «Réclamer la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux après une affaire déclenchée par la publication signée, sur un site web, d’une vidéo volée, c’est à peu près comme vouloir interdire les trottinettes en ville après un accident d’autocar sur un passage à niveau», ironise Daniel Agacinski, chef de projet à France Stratégie.

Guillaume Champeau, cadre du moteur de recherche français Qwant, estime quant à lui que l'anonymat sur les réseaux sociaux permet de protéger de nombreuses personnes. «Le droit à l'anonymat sur les réseaux sociaux, c'est l'adolescent qui s'interroge sur son éventuelle homosexualité et qui peut en parler avec des inconnus rassurants sans crainte que sa famille le renvoie de chez lui ou que ses "amis" le jugent», «le droit à l'anonymat sur les réseaux sociaux, c'est le chômeur en dépression qui peut parler de son combat contre cette maladie sans craindre que les employeurs ne trouvent pourquoi il a ce trou d'un an et demi dans son CV quand il se sentira assez fort pour candidater», écrit-il dans une série de tweets.

La loi Avia en question

Cet épisode intervient en plein débat sur le projet de loi Avia «contre la haine en ligne», qui permet aux plateformes en ligne de supprimer des contenus jugés illicites. En première lecture à l'Assemblée, le député LR Eric Ciotti avait d'ailleurs voulu muscler le texte en proposant d'en finir avec l’anonymat sur les réseaux sociaux. Une idée retoquée par la député LREM Laetitia Avia, pour qui nous sommes «dans un système du pseudo-anonymat», le «vrai» anonymat étant «extrêmement rare sur les réseaux sociaux et sur internet».

Retoqué par le Sénat, ce texte avait fait l'objet d'une commission parlementaire mixte qui s'est soldée, le 8 janvier, par un échec. Le projet a donc fait son retour à l'Assemblée nationale pour une deuxième lecture, et reste très contesté par de nombreux acteurs.

Interrogé par RT France en juillet 2019, l’avocat au barreau de Paris, Thierry Vallat, a estimé que ce texte pouvait «rogner» les libertés fondamentales et notamment la liberté d'expression. S’il estime que cette loi permettra certes de supprimer des contenus en ligne incitant à la haine, il pointe néanmoins le risque réel que des plateformes tel que Facebook ou Twitter – sous le prétexte d'agir sous le principe de précaution – suppriment des publications dont le caractère illicite ne soit pas prouvé.


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