'Pas d'excuses absurdes' : Caracas appelle Paris à relire la Convention de Vienne sur la diplomatie
 


'Pas d'excuses absurdes' : Caracas appelle Paris à relire la Convention de Vienne sur la diplomatie

La présence de l'ambassadeur français, venu accueillir à l'aéroport de Cararas l'autoproclamé président par intérim Juan Guaido, n'en finit plus d'alimenter les tensions entre la France et le Venezuela, qui dénonce une ingérence dans ses affaires.

«Le ministère français des Affaires étrangères doit se rafraîchir le contenu de l'article 41 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques» : dans ce tweet sec rédigé en français, le ministre vénézuélien des Relations extérieures Jorge Arreaza a de nouveau accusé la France d'ingérence dans les affaires intérieures du pays le 19 février.

Paris couvre son ambassadeur

Le 18 février, la diplomatie française avait balayé des accusations similaires portées contre la France par les autorités vénézuéliennes. A la base de l'incident diplomatique : l'ambassadeur de France à Caracas, Romain Nadal, était allé accueillir en personne à l'aéroport l'opposant Juan Guaido lors de son retour au Venezuela quelques jours plus tôt.

«La présence à l'aéroport de Caracas de l'ambassadeur, le 11 février dernier, conjointement à celle d'autres chefs de postes européens, à l'occasion du retour au Venezuela de M. Juan Guaido, avait pour seule vocation d'éviter toute violence et de promouvoir la solution politique soutenue par la France au Venezuela», assurait Paris qualifiant de «cohérente» avec la position française l'attitude de Romain Nadal.

«Elle était cohérente avec la reconnaissance par la France de M. Guaido en tant que président de l’Assemblée nationale de la République bolivarienne du Venezuela et président de transition en charge de mettre en œuvre un processus électoral», ajoute encore la diplomatie française.

«Cette position sans ambiguïté a été rappelée à l'ambassadeur du Venezuela en France lors de sa convocation au ministère de l'Europe et des affaires étrangères, ce mardi», concluait le quai d'Orsay.

Caracas accuse la France d'ingérence

L'extrait, souligné par le ministre vénézuélien sur Twitter, de l'article 41 de la Convention de Vienne, qui régit les règles diplomatique, précise que les diplomates ont «le devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures» de l'Etat dans lequel ils se trouvent.

Le gouvernement socialiste vénézuélien du président Nicolas Maduro avait transmis le 17 février une protestation écrite à l'ambassadeur de France à Caracas, Romain Nadal, l'accusant de s'immiscer dans ses affaires intérieures.

Ce dernier avait été notamment filmé en compagnie de dignitaires néerlandais et roumains en train d'escorter l'épouse de l'opposant, reconnu président par intérim du pays par une soixantaine d'Etats, dont les Etats-Unis et la France, en dehors de l'aéroport de Caracas. Celui qui s'était autoproclamé président peu après la réélection de Nicolas Maduro, rentrait dans son pays après une tournée mondiale où il avait notamment rencontré Donald Trump et Emmanuel Macron. Loin de faire consensus au sein même de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido avait par ailleurs été accueilli à son retour de manière hostile par des manifestants, qui lui reprochent notamment de soutenir les sanctions économiques frappant son propre pays.

L'ambassadeur Nadal a exercé un usage abusif des privilèges que lui accorde l'Etat vénézuélien

«L'ambassadeur Nadal a exercé un usage abusif des privilèges que lui accorde l'Etat vénézuélien en raison de son statut de diplomate [et] son action récente viole les conventions internationales sur les us et coutumes qui règlent les relations pacifiques entre les nations», estime le ministère des Affaires étrangères vénézuélien dans sa lettre de protestation.

Quelques jours plus tôt, c'était le président Nicolas Maduro qui avait tancé le comportement du diplomate, se demandant comment auraient réagi les autorités françaises si l'ambassadeur du Venezuela en France avait participé à une manifestation des Gilets jaunes. Il avait par ailleurs assuré que le gouvernement allait étudier «un par un» les cas d'ingérences dignitaires étrangers dans le pays.


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