Carburants : le patron de TotalEnergies menace de mettre fin au plafonnement des prix en cas de taxe des superprofits

La multinationale a engrangé un bénéfice de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre 2026, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné annonce que le distributeur ne pourra « pas maintenir » son plafonnement en cas de taxe des superprofits pétroliers. « En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France », a-t-il averti dans une interview accordée à nos confrères de Sud-Ouest. « Entre les deux, je pense que les Français préfèrent bénéficier directement du plafonnement », a-t-il ajouté.

La précédente opération de plafonnement des prix avait coûté « entre 400 et 500 millions de dollars » à la multinationale assure l’homme d’affaires, un coût « en partie couvert par l’engouement populaire ».

Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier « redistribuer » cet argent comme il l’entend. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi encouragé TotalEnergies à « un plafonnement généreux des prix à la pompe » pour redistribuer les profits supplémentaires réalisés grâce à la flambée des cours du brut, selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche.

Pas de pénurie de carburant, selon le patron de Total
TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51 % sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, et si la crise devait se prolonger, le PDG a précisé qu’il était « fort probable » que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les multinationales instaurée en 2025, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre.

Cette surtaxe sur les grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le géant pétrolier n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car cette activité était déficitaire en France.

Le PDG a aussi précisé ses propos alarmistes de fin avril sur une « ère de pénurie énergétique » si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore « deux ou trois mois ». « Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner », a-t-il assuré.

Il n’y aura pas de manque de carburant en France mais « cela aura un coût plus élevé », puisque « nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher », a-t-il toutefois prévenu.

Par Le Parisien avec AFP 


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