Disparition de Lyhanna dans le Gers

le suspect était visé par trois plaintes pour violences sexuelles sur mineur avant la disparition de la fillette ; une nouvelle plainte déposée mercredi

Selon la procureure d’Auch, le suspect mis en examen pour l’enlèvement de Lyhanna avait fait l’objet de signalements et de plaintes pour des faits impliquant des mineurs depuis 2017. 

La procureure d’Auch, Clémence Meyer, a révélé, mercredi 3 juin, que le suspect dans la disparition de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, faisait l’objet de trois procédures antérieures pour des faits impliquant des mineurs.

Le premier signalement date de 2017 : une mère avait alerté la gendarmerie d’une relation entre sa fille, alors âgée de 17 ans, et un homme plus âgé. L’affaire avait été classée sans suite en février 2018. « Au regard de l’âge [de la jeune femme], il n’y a eu aucune infraction susceptible d’être enregistrée », a déclaré Clémence Meyer.

Une deuxième procédure avait été ouverte à Béthune (Pas-de-Calais) en 2022 à la suite d’une plainte pour viol déposée par un mineur né en 2013, classée sans suite en 2024 faute d’éléments suffisants. La procureure a rappelé que, « pour condamner, il faut que tous les éléments de l’enquête soient caractérisés ».

La troisième procédure, lancée le 22 août 2025, concerne une mineure née en 2014 qui a dénoncé des viols commis au domicile du suspect entre septembre 2024 et mai 2025. « La plainte a été déposée le 22 août 2025. Le 27 août, la plaignante a été entendue et a dénoncé des faits de viols qui auraient été commis sur sa personne entre septembre 2024 et mai 2025 », précise la procureure.

Comme l’agression dénoncée avait eu lieu à Montestruc-sur-Gers, village où réside la famille de Lyhanna, dans le Gers, le parquet de Toulouse a transféré le dossier au parquet d’Auch, qui n’a pu transmettre la plainte à la gendarmerie de Lectoure qu’en janvier, indique Clémence Meyer, précisant que « l’enquête est toujours en cours ».

« Les examens médico-légaux et psychologiques ont été réalisés en septembre et octobre 2025 », ajoute-t-elle. La procureure « rappelle que, dans une enquête pénale, l’audition du mis en cause est toujours le dernier acte d’enquête à effectuer » et que « cette enquête était en cours au moment de la disparition ».
Une nouvelle plainte pour viol déposée ce matin

D’après Clémence Meyer, une nouvelle plainte a par ailleurs été déposée ce mercredi matin, dont les détails ne sont pas encore connus. La procureure a par ailleurs fait savoir qu’un dirigeant d’établissement scolaire avait spontanément contacté la gendarmerie le 31 mai pour signaler que le mis en cause avait fait l’objet d’un licenciement lancé en 2020, alors qu’il était employé par la région Occitanie comme agent d’entretien, « en raison d’une relation inappropriée avec une lycéenne ».

« Des vérifications urgentes sont en cours afin de savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement aux autorités judiciaires. En l’état, aucune procédure en lien avec cet événement n’a pu être identifiée par mon parquet », a précisé Clémence Meyer.

La procureure a annoncé l’ouverture d’une mission d’inspection confiée à l’inspection générale de la justice et a précisé que la plainte de 2022 serait « réexaminée à la lumière des nouveaux éléments ». « En parallèle de l’information judiciaire ouverte pour enlèvement et séquestration, les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineur vont se poursuivre, et vraisemblablement faire l’objet d’un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres », a annoncé la procureure.

Le Monde 


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