En pleine mobilisation des écologistes, Erdogan défend l’apport économique du charbon

Dans la forêt d’Akbelen, des villageois épaulés par des défenseurs de l’environnement se relaient depuis le 24 juillet contre l’extension d’une mine de charbon.

Recep Tayyip Erdogan est très remonté contre les écologistes actuellement mobilisés en Turquie. Le chef de l’Etat a vivement attaqué lundi les défenseurs de l’environnement opposés au projet d’extension d’une mine de charbon et mis en garde l’opposition contre toute exploitation politique.

« Les centrales thermiques au charbon sont devenues une source d’énergie importante pour les pays européens avec la crise déclenchée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine », a ainsi fait valoir le président en citant « l’Allemagne et la France ».

« Des écologistes marginaux », selon Erdogan

Dans la forêt d’Akbelen, au-dessus de Bodrum, station balnéaire de la Mer Egée, des villageois épaulés par les défenseurs de l’environnement se relaient depuis le 24 juillet pour tenter de barrer la route aux tronçonneuses, protégées par les gendarmes et des véhicules blindés. Les autorités ont procédé à plusieurs arrestations de militants qui s’opposent à l’extension de la mine de charbon.

« La centrale thermique qui produit près des deux tiers de l’électricité utilisée dans la région égéenne rapporte près d’un milliard de dollars à notre économie » a encore affirmé Recep Tayyip Erdogan à l’issue d’une réunion de son cabinet. « C’est un apport important pour le pays », a-t-il insisté ajoutant : « Nous ne prêtons pas attention à ces écologistes marginaux, faisons ce que nous avons à faire ».

Le précédent de la contestation de 2013

Ces déclarations, les premières du chef de l’Etat depuis le début de la mobilisation, interviennent à la veille d’une réunion extraordinaire ce mardi après-midi du parlement turc à la demande de l’opposition au sujet de la forêt d’Akbelen. « Certains essaient en permanence de rejouer les mêmes scénarios avec des costumes différents, mais personne n’y croit plus » a accusé Erdogan : claire allusion au mouvement de contestation de Gezi en mai 2013. A l’époque, les manifestations anti-gouvernementales avaient été déclenchées pour protéger un parc d’Istanbul voué à disparaître au profit d’un projet immobilier : elles avaient progressivement gagné pratiquement toute la Turquie.

En 2020, le ministère des Forêts a accordé à la société YK Energy, propriété de la puissante holding turque Limak, réputée proche du président selon ses détracteurs, l’extension de sa mine de charbon dans la région d’Akbelen. Depuis, les recours se multiplient et la population ne désarme pas. Le charbon - avec 37 centrales thermiques - fournit au pays un tiers de ses besoins en énergie primaire (selon l’Agence internationale de l’énergie, en 2021) et un tiers de son électricité.


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